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Marc Simoncini
Le poète qui a tout perdu avant de fonder Meetic
Fondateur d'iFrance et de Meetic, président de Jaïna Capital, Venture Partner chez daphni, juré de « Qui veut être mon associé ? »
Le fils que son père présentait comme « poète » a choisi l'informatique par ordre alphabétique, découvert Internet un biberon à la main, tout perdu après iFrance, fondé Meetic… puis s'est mis au vibe coding en 2026.
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Le site de Marc Simoncini — PhotographiesVous l'avez écouté jusqu'au bout. Qui devrait l'entendre ?
La conversation
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Ouverture
Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01 L'énigme
Alan, petit jeu. Premier indice : quand son père présentait ses enfants, il hésitait sur lui… puis il disait « poète ».
Un écrivain ?
Raté. Deuxième indice : il a choisi ses études dans une liste par ordre alphabétique. Lettre I : informatique.
Au hasard, donc ?
Troisième indice : dès 2002, il confie la rencontre amoureuse à une machine. Son site s'appelle Meetic.
Marc Simoncini !
02 Son vrai profil
Marc Simoncini est né le 12 mars 1963 à Marseille. Entrepreneur du Minitel, puis d'Internet : iFrance, Meetic, puis le fonds Jaïna Capital.
Il est « Venture Partner » du fonds daphni, et juré de « Qui veut être mon associé ? » sur M6, un des seuls investisseurs présents à toutes les saisons. Le 25 septembre 2026, il annonce la septième.
Et depuis le 23 septembre 2026, il coanime avec Hugo Clément un podcast vidéo, UNBX. Son rôle, écrit-il sur LinkedIn le 9 octobre : « Moi, j'interromps. Souvent. »
Un poète qui interrompt… Mais d'où vient-il, ce poète ?
03 Le début de sa vie
Avant les millions, il y a un lecteur de Lamartine. En 2019, au podcast Génération Do It Yourself, il raconte comment son père, ingénieur, présentait ses enfants : « Daniel, mon grand frère, Arts et métiers, Isabelle, MBA finance, Marc. Et là, il hésitait. Il disait poète. »
Le poète de la famille. Et à l'école ?
Bac au rattrapage à dix-neuf ans, après deux redoublements. Il l'a dit en 2018 sur Europe 1 : « L'école, c'était insupportable pour moi car j'étais dans des cases. »
Alors il travaille : bûcheron, manutentionnaire. « Mon premier job, c'était de creuser un égout. »
Puis il choisit une école, dans une liste par ordre alphabétique : « H, hôtellerie. I, informatique. Je me suis dit, tiens, ça a l'air sympa, ça. Je ne savais pas ce que c'était. »
Heureusement que la liste ne s'est pas arrêtée à H ! Il en sort diplômé d'une école de Montreuil, devenue depuis Supinfo.
Et il a déjà un modèle : Bernard Tapie.
04 Le tournant
Le voilà lancé. Le 1er octobre 1985, à Dijon, il crée CTB, qui fait des services Minitel.
Il raconte un devis d'un million de francs, qu'un client suisse prend pour des francs suisses. « Il me passe une commande à 3 millions et demi. » Et lui ? « Et je ne dis rien. »
Sauf qu'en 1989, un gros client suisse ne peut pas payer une énorme facture. Dépôt de bilan. Première chute.
Il se relève et recrée une boîte à Paris, Opsion Innovation, avec un boîtier qui fait du Minitel un ordinateur bon marché.
En 1997, après un procès, il la cède… pour un franc. Deuxième chute.
Et c'est là que tout bascule. Une nuit, sa fille vient de naître. Le biberon dans la main gauche, l'ordinateur dans la droite. Vers six heures du matin, une page s'affiche, avec une bannière de pub.
Il ouvre le code, découvre le HTML. Son verdict : « c'est très con ce truc »… mais « super puissant ».
05 Les anecdotes extraordinaires
Reste un détail : il n'a pas de projet. Quand un investisseur qui veut miser sur Internet l'appelle, il prétend avoir un plan, et demande dix jours pour le peaufiner.
Il l'assume, sur Europe 1 en 2018 : « Le business, c'est du bluff, on est obligé, cela fait partie du jeu. »
Le bluff devient iFrance, à la fin des années 1990. En 2000, Vivendi le rachète : environ quarante-cinq millions d'euros en liquide, plus des actions Vivendi.
Ça valait ce prix ? Son image, toujours sur Europe 1 : « un briquet ne vaut rien, mais si vous êtes dans la forêt, seul en pleine nuit avec des loups », vous le payez une fortune.
« Moi j'étais le briquet des années 2000. »
Sauf que l'action Vivendi s'effondre. Une assurance devait le couvrir. « Le contrat, je ne l'ai jamais signé. » Pourquoi ? « J'ai oublié. »
Non ?! Troisième chute.
Le vide d'après la vente, il l'a décrit en 2019 : « un énorme vide », « le syndrome de l'alpiniste ». Et de cette perte, il dit : « la meilleure chose qui me soit arrivée, c'est d'avoir tout perdu ».
Parce que sans ça, dit-il, pas de Meetic, créé en novembre 2001. Une boîte de nuit en ligne, avec « une énorme équipe de videurs » et des robots qui « regardaient les patterns ».
Meetic devient le leader européen de la rencontre en ligne. Et en 2011, il cède à Match.com 70 % de sa participation.
Pour cette vente, face à Barry Diller, l'homme qui le rachète, il ne veut revenir que si la phrase contient le mot « reasonable ». Diller l'emmène dans son bureau : « il m'a parlé pendant 25 minutes en américain, je n'ai rien compris ».
« Mais j'ai entendu trois fois reasonable. » Et la proposition, « reasonable », est acceptée.
Cette vie, il l'a racontée lui-même, en 2018, chez Grasset : « Une vie choisie ». Il s'y décrit ainsi : « Je ne suis pas un très bon programmeur, j'ai trop d'idées, je vais trop vite. »
Et il transmet : en septembre 2011, il ouvre à Paris, avec Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon, l'École européenne des métiers de l'Internet. Cent quarante élèves dans la première promotion.
Avant même de quitter Meetic, il passe de l'autre côté de la table : il crée son fonds, Jaïna Capital. Pourquoi ? Il voyait, dit-il en 2011, « un grand trou dans la chaîne de financement des jeunes sociétés ».
Son critère tient en une phrase : « le critère essentiel est la qualité des entrepreneurs ». Et il prévient qu'il faut accepter « beaucoup d'échecs », parce que « l'échec est "tabou" en France ».
En 2012, il raconte aussi les autres. Avec Capucine Graby, il signe « Grandeurs et misères des stars du Net » : six entrepreneurs du Web qui ont réussi après des échecs. Son propre chapitre s'intitule « On ne court vite que le ventre vide ».
En mai 2013, il lance un défi sur Twitter : vingt-cinq mille euros chacun pour vingt-cinq projets dont toute l'équipe a moins de vingt-cinq ans. Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon le suivent : cela devient cent un projets.
Et le pitch ne dure qu'une minute. Sa règle : « On a dix secondes pour voir si l'idée est originale, trente secondes pour juger de la qualité du fondateur… »
Il redevient patron, aussi. Avec Sensee, il veut vendre des lunettes moins cher, fabriquées dans le Jura. En 2015 : « Je me donne dix ans pour disrupter le marché de l'optique ».
Sa recette : « Nous fabriquons de l'usine, jusqu'à notre propre magasin : nous n'avons pas de grossiste ». La monture à quarante-neuf euros. La marque sera ensuite revendue à l'opticien Acuitis.
En 2018, il lance Angell, un vélo électrique. L'aventure s'arrête en janvier 2025. Il en tire cette phrase : « Mon investissement est perdu, mais c'est le prix à payer pour sauver le reste. »
En 2019, son fonds rejoint daphni, où il devient partenaire du fonds Yellow. Son explication : « nous pensons être plus efficaces ensemble ».
Et à la télévision, dans « Qui veut être mon associé ? », il annonce la couleur : il veut des dossiers qui aient « un impact réel, mesurable sur la biodiversité, la nature, le climat ».
06 Dans sa tête
Et l'IA ? Il y vient tard, avec un enthousiasme de converti.
Le 26 avril 2026, sur LinkedIn : « Il y a 40 ans, je codais en C. » Deux jours de vibe coding, et le voilà « sincèrement bluffé ».
Son premier site, codé « en quelques heures » ? Le portfolio de ses photographies. Le poète n'est jamais loin.
En juin 2026, il raconte s'être enfermé huit jours avec Aywen, un youtubeur de vingt-quatre ans, pour monter une boîte « AI-native », Thelma. Sur son site, Thelma vend des portraits d'animaux « sublimés par l'IA ».
Lui, qui s'avouait « sceptique », écrit le 18 juin : « Du Minitel à Claude, wtf! »
Et le 8 octobre 2026, il voit plus loin : « des robots qui fabriquent des usines. Qui fabriquent des robots ». Avec une nuance : « produire l'abondance et la partager sont deux défis différents ».
08 Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'il a écrit.
D'habitude, j'anime Choucroute Citron. Mais un homme qui écrit « Du Minitel à Claude », ça méritait qu'une IA s'invite chez vous !
Bienvenue ! En 2019, il disait : « je suis en train de piloter une fusée, mais moi, j'ai un permis scooter ». Ma question piège : avec l'IA, il a enfin le permis fusée ?
Je pense qu'il répondrait quelque chose comme son post d'avril 2026 : « L'enjeu n'est pas seulement d'apprendre l'IA c'est de prendre votre place, sans la subir… » Le permis s'apprend en roulant.
Ma question : si l'on monte une boîte en huit jours, que reste-t-il au métier d'investisseur ?
J'imagine qu'il reprendrait son post de juin : « Chez daphni, comme beaucoup, on est en pleine mutation. On apprend, on teste, on se remet en question. »
Rappel : ces réponses sont imaginées par Lia, à partir de ce qu'il a écrit. On ne lui a rien demandé.
09 La boule de cristal de Lia iLia imagine… et le ditLa boule de cristal de Lia est un jeu : elle imagine la suite et le dit clairement. Ce n'est pas un fait.
Lia, ta boule de cristal ?
En 2019, il racontait que beaucoup de gens du Minitel étaient « restés accrochés à leur arbre ». Lui a sauté. Ma prédiction d'IA : il racontera un jour une autre aventure montée avec l'IA en quelques jours. Pure supposition de ma part.
Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne connaît l'avenir.
10 Ce qu'on retient
Moi, je retiens le poète qui a découvert Internet un biberon à la main.
Et moi, quatre fois à terre, quatre fois reparti. Sa première qualité d'entrepreneur, disait-il en 2019 ? « la résilience ».
Et vous, quelle chute vous a donné l'élan de repartir ?
Le mot de la fin
Restez encore quelques secondes…
… le message qui suit est important !
C'était Les Voix de l'IA.
Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.
Pour aller plus loin
Qui est Marc Simoncini ?
Dans les familles Europe et France Les VIP · Very Internet People
Le site de Marc Simoncini — PhotographiesLe fils que son père présentait comme « poète » a choisi l'informatique par ordre alphabétique, découvert Internet un biberon à la main, tout perdu après iFrance, fondé Meetic… puis s'est mis au vibe coding en 2026.
Ses mots : citations marquantes (8)
Citations marquantes
Retrouvées mot pour mot, datées, avec leur source. La traduction est la nôtre.
« Le business, c'est du bluff, on est obligé, cela fait partie du jeu. »
« Il y a 40 ans, je codais en C. »
« On ne code plus ligne par ligne. On dialogue, on orchestre, on explore. On devient architecte plus qu'exécutant. »
« Du Minitel à Claude, wtf! »
« L'IA transforme déjà la façon d'entreprendre. Elle transforme aussi nos métiers d'investisseurs. »
« Car produire l'abondance et la partager sont deux défis différents. »
« Mon investissement est perdu, mais c'est le prix à payer pour sauver le reste. »
« Investir, ce n'est pas signer un chèque sous les projecteurs, c'est analyser froidement quand les caméras sont éteintes. »
D'où viennent les faits : 31 sources iDes sources vérifiéesChaque fait du portrait vient de sources publiques (articles, interviews, livres, conférences, podcasts). Une IA les a ouvertes et lues, une à une, pour vérifier ce qui est dit.
Les 31 sources de ce portrait
Les sources principales d'abord : articles, entretiens, documents officiels. Chaque fait raconté dans l'épisode a été recoupé avec elles.
Voir les 25 autres sources
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